448 COURS D’ÉCONOMIE POLITIQUE,
tenir la nombreuse armée qu’elle avait dans la Pénin-sule. Et cependant, le point d’honneur et l’emportementde la lutte l’entraînaient à des mesures violentes quirendaient plus difficile de se procurer ce qui lui étaitainsi indispensable. En enjoignant aux navires des tiercespuissances de venir loucher aux ports anglais, les fameuxOrdres en Conseil de 1807 ajoutaient à l’encombrementdes marchandises dans la Grande-Bretagne, sans lui p 1 ’ 0 'curer ni les débouchés qu’elle ambitionnait, ni l’or néces'saire à l’accomplissement de ses desseins politiques $militaires, et ils ne lui fournissaient guère de blés.
On eut alors un spectacle étrange : l’Europe cont 1 'nentale, manquant de sucre et de café, les payait àprix inouïs, pendant que, de l’autre côté de la Mancheces denrées étaient à vil prix : on n’y savait qu’en fa ir0 ‘Il y eut, à un certain moment, 60 millions de kilog- ^café dans les ports britanniques : c’était vingt-trois f° ,sla consommation annuelle de la Grande-Bretagne à c^* 0époque (I). Les cotonnades étaient de même très-rech eI ’"’chées par les consommateurs continentaux, et l'Anglet6 rr0en regorgeait sans pouvoir les écouler. Par contre, l’® u 'rope, celle du Nord surtout, entassait ses blés dans se *greniers, pendant qu’en Angleterre les blés étaientdes prix de famine, 40 à 50 francs l’hectolitre. P armême raison, tandis que l’or et l’argent restaient su rcontinent à peu près à leur valeur habituelle, l’Anglet err0 ’qui n’a que le commerce extérieur pour s’en procurer»éprouvait la pénurie.
A cette époque donc, l’or et l’argent durent encheen Angleterre, par la même raison que le blé y mo nexcessivement, et que le sucre et le café y étaient aVI
(J) La consommation de la Grande-Bretagne, sans l’Irlande»
18H de 6,390,000 livres avoirdupois, ou environ de 2,600,000(Porter, Progress of the Nation, page 558, édition de 1847).