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LA MONNAIE. SECTION XI, CHAPITRE III.
la dépréciation de ses billets, par rapport aux métaux pré-cieux, monnayés ou non, seuls articles auxquels on doiveles rapporter. Quant au fait même de la dépréciation, il^lait flagrant.
Les Mémoires àv M. Mollien (t) font connaître en détailutl e transaction qui montre à quel point, même avant ladépréciation des billets de banque, la nation anglaise etsongouvernement étaient tourmentés du besoin de se procurerdes métaux précieux. Le prédécesseur de M. Mollienau ministère du Trésor, M. de Barbé-Marbois, s’étaitlaissé circonvenir par une association de financiers, quirendait ou était supposée rendre des services à l’Étatpour la rentrée de l’impôt et pour l’approvisionnementdes armées. Les faiseurs de service, c’était leur- titreofficiel, parvinrent à puiser dans le trésor public141,800,000 fr., en donnant en gage des délégations dela couronne d’Espagne sur l’Amérique, où en effet legouvernement espagnol avait des métaux précieux endépôt, beaucoup moins cependant qu’on ne le disait.M. Mollien, appelé à remplacer M. de Barbé-Marbois,s’occupa de faire rentrer cette grosse somme. Par untraité spécial avec l’Espagne, il fut convenu que celtepuissance payerait 60 millions sur le débet des faiseursde service. Les 3 cinquièmes de ces 60 millions de-vient être pris au Mexique où ils existaient réellement.ÛR était en 1806 et 1807 ; le désastre de Trafalgar avaitr endu l’Angleterre souveraine des mers sans partage. L’or
l’argent ne pouvaient sortir des ports mexicains sanscourir les plus grands périls, à moins qu’on n’eût son as-sentiment ; et comment l'obtenir, quand les passionsguerrières étaient si violemment excitées? Mais, chez lesAnglais, le désir d’avoir des métaux précieux était aussi
0) Mémoires d'un ministre du Trésor, tome II, page 14.