LA MONNAIE. SECTION XII, CHAPITRE I. 483
peut faire de celle-ci, tous frais accessoires compensés.
Pour montrer à quelle extrême division peut arriverloi' dans les gisements d’alluvion, il suffit de dire que,pour un poids d’un milligramme, il faut de 17 à 22paillettes d’or du Rhin. Ainsi, un kilogramme d or repré-sente de 17 à 22 millions de ces paillettes. A ce compte,la célèbre pépite d’Australie appelée Welcome , dont il aétéParlé plus haut (1), et qui pesait 66 kilog. 343 grammes,représentait 113 à 160 millions de paillettes du Rhin ; et unoaétre cube des graviers moyens, si peu privilégiés, qu’ona exploités dans le Rhin jusquesàcesderniers temps, con-fient encore de 36,000 à 45,000 paillettes.
Une aussi prodigieuse exiguïté des paillettes rendcompte de la distance h laquelle des courants impétueuxont pu transporter l’or. C’est ainsi que, selon M. Daubrée,l’or qu’on trouve dans le Rhin, à Strasbourg, provient desAlpes d’où le Rhin sort, de l’autre côté du lac de Cons-tance. M. Daubrée en fournit la preuve minéralogique.
11 ne faut cependant pas juger de tous les dépôts auri-fères d’après ceux du Rhin, pour ce qui est de la divisiondu métal. La ténuité des paillettes du Rhin provient de ceque le métal était disséminé, au sein des montagnes, entreles feuillets d’un schiste qui le recélait en petites lamesinfiniment minces. Les alluvions aurifères de l’Amériquee t de la Russie boréale sont formées des débris de roches0u de filons qui renfermaient l’or en grains. Dans l’Oural,^ a ns la Sibérie, au Chili, selon de savants explorateurs,^ es grains pèsent chacun « habituellement plus d’un cen-figramme et souvent sont beaucoup plus lourds. Chaque<r grain est donc en moyenne 200 à 400 fois et très-sou-<l ’vent 1,000 fois plus gros qu’une paillette du Rhin ou de(t l’Eder(2). »
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(~) Daubrée, Mémoire déjà cité.