Buch 
La monnaie / par Michel Chevalier
Entstehung
Seite
660
JPEG-Download
 

660 COURS D’ÉCONOMIE POLITIQUE.

L’admirable succès des Banques d’Écosse est un argu-ment qui pèse d’un grand poids, en faveur de la libertédes banques d’émission. En même temps que des pu-blicistes français faisaient valoir cet exemple, sans pré-judice de plusieurs autres raisons, la chambre de com-merce de Glascow adressait au gouvernement britanniqueet au parlement des réclamations dans le même sens, avecdes protestations contre les restrictions inaugurées ou per-pétuées par la législation dont Robert Peel est l’auteur, Ilme paraît résulter de l’ensemble des faits qui se sont pro-duits que les dangers du billet de banque ont été fort exagé-rés. Ils sont à peu près nuis, tant que les banques, observantleurs statuts, n’émettent leurs billets que contre des lettresde change à courte échéance, trois ou quatre mois au plus,et qu'elles prennent la peine de s’assurer que ces lettresde change répondent îi des transactions sérieuses.

Ce qui a perdu un si grand nombre de ces établisse-ments, et déconsidéré le billet de banque, c’est que le sbillets ont été émis en échange d’engagements fictifs, ouà échéance reculée, ou enfin d’une réalisation impossible-Tant que le portefeuille des banques contient unique-ment la sorte d’engagementsquej’indiquais tout à l’heure,le cours naturel des affaires leur ramène leurs billetssuccessivement, par l’échéance des valeurs du portefeuillesi bien qu’après un délai maximum de trois ou quatremois, il n’en resterait plus un seul dans la circulation,si les banques le voulaient ; ou, s’il en restait, les banqu eSen auraient la contre-valeur en écus sonnants.

Les grandes banques, comme la Banque d’Angleterreet la Banque de France, ont plus d’une fois été comp 1 ’ 0 'mises par les exigences des gouvernements qui leur ontdemandé des avances à échéance illimitée. Les billets debanque qui formaient ces avances pesaient sur la pl aC ®indéfiniment. Si la Banque continuait d’en déli vieI