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La monnaie / par Michel Chevalier
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COURS D’ÉCONOMIE POLITIQUE.

manufacturiers à offrir, à perte, leurs productions audehors. Si, comme en Angleterre, on a de vastes appro-visionnements de toute espèce enfermés dans les docks,on s’en défera avec un grand sacrifice au profit des étran-gers, qui, autrement, ne s’en soucieraient pas. En dépri-mant les fonds publics, la crise attirera de même engrande quantité dans la Grande-Brelague les capitaux del’extérieur. C’est par ces opérations ruineuses que le payscessera d’exporter ses métaux précieux.

Le mal, qu’on avait rendu plus intense par les effortsmaladroits ou inintelligents qu’on faisait pour le dimi-nuer, est quelquefois monté à ce degré que le pays, enmasse, se mît en faillite envers l’étranger : c’est à cetteextrémité que se vit réduit le commerce des grands portsde l’Amérique du Nord en 1837. Une solution pareilleporte atteinte à la considération nationale, même lorsque,comme c’était le cas pour les États-Unis dans la crisedont nous parlons, il est constant que les commerçantsont fait, quand ils ont entin aperçu le mal qui fondaitsur eux, tout ce qui était humainement possible pourfaire honneur à leur signature.

La Banque d’Angleterre a été accusée d’avoir plusd'une fois, de propos délibéré, attiré de celte manièredes désastres sur le commerce et l’industrie du pays,dans le but de faire revenir l’or qui s’échappait. La sortiede l’or, quand c’était son propre encaisse qui s’en al-lait, lui enlevait à elle-même la hase métallique qui sertde lest à sa circulation en billets. On a fréquemmentreprésenté que, lorsqu’elle voyait s’épuiser son encaisse,après avoir témérairement élargi le crédit, elle retiraitbrusquement les facilités auxquelles s’étaient habituésles particuliers, et causait ainsi une commotion électri-que qui s’étendait d’un bout de l’Angleterre à l’autre, et,dans leur alarme, les commerçants, pour faire honneur