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La monnaie / par Michel Chevalier
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LA MONNAIE. SECTION XVI, CHAPITRE III.

à leurs engagements, étaient contraints de vendre à toutprix, d’où une ruine générale. Cette accusation a été for-mulée avec véhémence dans un manifeste délibéré par lachambre de commerce de Manchester, le 12 décembre1839, à l’occasion des crises de 1837 et de 1839. D’aprèsce document, la Banque elle-même aurait, dans un mé-moire adressé à la Chambre des Communes en 1832,érigé en doctrine la pratique qu’on lui reproche. Laperte que le commerce et l’industrie auraient subie,en 1837, dans les seules industries du coton, delà laineet de la soie, en vertu des manœuvres inconsidérées qu’onprête à la Banque, aurait été d’au moins un milliard defrancs, en y comprenant, à la vérité, la dépréciation ducapital, tant fixe que roulant, engagé dans ces fabri-cations.

Il serait d’une sévérité excessive d’imputer à la Banqued Angleterre la responsabilité entière des souffranceséprouvées par le commerce et l’industrie du pays, pen-dant les crises de 1837 et de 1839, et de lui attribuer unedoctrine arrêtée, qu’elle aurait suivie avec une inflexiblerigueur, et à laquelle elle aurait sacrifié, comme on l’adit, les intérêts vitaux du pays. Mais un fait subsiste, àsavoir, que, à diverses reprises, il en a coûté à la Grande-Bretagne une somme exorbitante, pour tenter de changerle sens du courant des métaux précieux, et d’en empê-cher la sortie, considérée comme étant le mal même,tandis que ce n’en était que le symptôme. Dans ce quis’est passé antérieurement au renouvellement de sa Charteen 1844, elle a sa part de responsabilité sans doute, maisdie n’y a que sa part.

Il est trop certain que, depuis la loi votée en 1844, ausujet de ce grand établissement, sur la proposition deBobert Peel, les fâcheux résultats qu’on s’était proposéd’atténuer n’ont fait que s’aggraver. Dans le but de mieux