Buch 
Mémoires pour servir à l'histoire de France en dix-huit cent quinze : avec le plan de la bataille de Mont-Saint-Jean / [Napoléon I.]
Entstehung
Seite
62
JPEG-Download
 

( 62 )

4c nationale clans les efforts quelle veut faire pour défendre Éorcfeatré« contre ceux qui viennent lattaquer ? répondez franchement. » Pouf« toute réponse,.... silence absolu. «Vous ne vous souvenez donc plus« des scrinens que vous avez renouvelés il y a si peu de jours entre« mes mains ? Sil existe encore parmi vohs quelques hommes qui sen« souviennent 4 qui restent lidèles à la cause du Iloi, quils sortent des« rangs, et quils lexpriment hautement. » Alors on vit quelquesepe'es en lair. <c Vous êtes en Lien petit nomme , réprit Madame ,« mais nimporte ; ou commit au moins ceux sur qui on peut compter.»Des protestations dattachement à sa personne lui furent adressées parquelques soldats. « Nous ne souffrirons pas quon vous fasse du mal,4 c nous vous de'feudrons t » sécrièrent plusieurs voix. « Il ue sagit« pas de moi , mais du service du Roi, répondit Madame avec vélié-« mence j voulet-vous le servir?» « Dans tout ce que nos chefs nous« commanderont pour la patrie , uous obéirons ; mais nous ne voulonspas la guerre civile, et jamais nous ne nous Latlrôns contre nos« frères. » En vain Madame leur rappela tout ce que le devoir etl'honneur leur commandaient ; ils furent sourds à sa voix. Avant deles quitter , elle leur fit promettre quau moins ils contribueraient àmaintenir lordre dans la ville si on y entrait, et quils veilleraient à'ce qu'on ne fît aucun mal à la garde nationale si ou avait de mauvaisesintentions contre elle. Il le promirent. Madame sèn alla le cœur na-vré ce dout elle venait dêtre témoin.

Mais ce nétait rien encore : la visite de la seconde caserne fut bienplus péuiblc. Lesprit de révolte sy montrait mille fois davantage, etce fut bien plus inutilement encore que Madame essaya de les ramenerdans le chemin de lhonneur. Malgré le peu de succès que son AltesseRoyale pouvait espérer duue troisième tentative auprès de semblablestroupes, elle ne voulut rien négliger, et cc lut au Châteaü-Trompetteque les derniers efforts sou héroïque courage furent portés au plushaut point. Quelle réception lon y préparait à lauguste fille de tantde rois ! De ma vie je ne loublierai ; j'en ai tant souffert! Après avoirpassé tes sombres voûtes de ce château-fort, représentez-vous le coup