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Études sur les réformateurs ou socialistes modernes : Saint-Simon,-Charles Fourier,-Robert Owen / par Louis Reybaud
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RAPPORT DE M. JAY.

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Robert Ovven, vous dit que la destinée de l'homme, destinéedont il ne peut saffranchir, est dobéir, comme ses frères dela création brute, à ses instincts et à ses appétits; qu'il estfatalement enchaîné à la terre, et que ses regards ne doivent: plus sélever vers le ciel.

Ces prétendus réformateurs ne font grâce à aucune desinstitutions sociales; quelques-uns dentreux sélèvent mêmecontre le système actuel dinstruction et déducation de lajeunesse. Lorganisation universitaire, cest-à-dire la surveil-lance légitime de lÉtat sur les écoles et les méthodes densei-gnement, leur paraît un intolérable despotisme. Ils proscri-vent avec amertume linstruction classique, et réclament pourchaque enfant une instruction professionnelle. Malheureuse-ment ces idées aventureuses font des progrès; elles se sontreproduites à la tribune législative, et ont été faiblement ré-futées. Voici, en peu de mots, ce quil fallait répondre :Léducation classique, cest le fonds commun des intelligences,leur point de départ, leur lien éternel, meme lorsque desaptitudes diverses, des fonctions différentes les séparent. Sanscette base nécessaire, nous aurions bientôt trente technologieset pas de langue; chaque profession porterait dans les rela-tions ordinaires de la vie la phraséologie de latelier, le jargondu comptoir, les formules exactes ou douteuses des sciencesdiverses, et le pays offrirait le spectacle de la confusion et dumélange adultère de tous ces idiomes. Les études classiques^ forment le ciment mystérieux qui unit dans une communautéf didées et de principes les membres de la grande famille fran-çaise ; elles seules ont imprimé à notre littérature un carac-tère de grandeur, de goût, délégance, de moralité, quelleeût vainement demandé à léducation professionnelle. Cettelittérature nationale, attaquée aujourdhui par dautres im-puissants réformateurs, est destinée à sélever sur les débrisdes générations fugitives, toujours vivante, toujours rayonnante de gloire, impérissable, comme la flamme inspiratricedu génie.