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Études sur les réformateurs ou socialistes modernes : Saint-Simon,-Charles Fourier,-Robert Owen / par Louis Reybaud
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RAPPORT DE M. JA Y.

Mon intention nest pas de vous présenter une expositiondétaillée des dangereuses utopies de nos réformateurs. Lau-teur du livre dont je viens vous entretenir sest chargé de cetravail, et il a rempli sa tâche avec une consciencieuse impar-tialité. Cet écrivain, dunesprit pénétrant,paraît sétredabordlivré à ces études sans autre but que celui de se former uneidée précise des nouveaux systèmes de réforme radicale;peut-être même avec lespérance dy trouver lexplication dugrand problème social qui, depuis le siècle de Platon jusquànos jours, a si fortement agité la pensée humaine, et dont lechristianisme, dégagé de tout alliage impur, peut seul donnerla solution. Les diverses parties de ces systèmes se trouvaientépars dans un nombre considérable de publications isolées;M. L. Reybaudlcs a réunies et classées avec méthode, sou-mettant chaque partie à une patiente analyse, admettant ledésir du perfectionnement comme explication de lenthou-siasme, jugeant les hommes sans prévention, et réunissanttoutes les lumières qui pouvaient éclairer un jugementsolennel et définitif.

On a reproché à lauteur trop de ménagement pour deshommes qui sétaient jetés, sans réflexion, dans lecourant desidées de réformation absolue, et dont plusieurs, revenus au-jourdhui de leurs erreurs, mûris par lâge et l'expérience,figurent honorablement dans les lettres, les sciences et lin-dustrie. 11 est certain que M. L. Reybaud a procédé dans sesrecherches avec ce calme philosophique qui caractérise lesesprits sérieux, et garantit la sincérité et lautorité desopinions. A cet égard, on ne lui doit que des éloges. Il a ré-servé les forces réunies de sa raison pour expliquer, à la suitedun examen approfondi, les puissants motifs de répulsion quedoivent éprouver les essais périlleux, les brusques tentativesde réorganisation sociale.

Lorsque M. L. Reybaud a publié la seconde édition de sonlivre, le reproche dont je viens de faire justice était venu à saconnaissance; il y répond ainsi :