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Études sur les réformateurs ou socialistes modernes : Saint-Simon,-Charles Fourier,-Robert Owen / par Louis Reybaud
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RAPPORT DE M. JAY.

» de zone à zone (Pascal lavait remarqué), et la civilisation seule,» léducation progressive des races pourront conduire à une morale» universelle. Quant au bonheur, quoi de plus relatif? On parle de le» fonder par une satisfaction illimitée : mais, chaque jour, cette ex-» périence se fait en détail, et tout homme peut dire si la passion» pleinement assouvie est le bonheur ; si la privation même, la pri-» vation réfléchie et volontaire, ne renferme pas plus de joies réelles» quune satisfaction sans bornes. Le bonheur sur la terre aurait un» autre écueil, celui de supprimer toute aspiration vers un état meil-» leur, et dentourer notre départ de cette vie des conditions les plus» douloureuses.

« Cherchons le mieux, soit ! cherchons-le ardemment ; c'est le plus» noble emploi que lhomme puisse faire de son intelligence : mais» cherchons-le dans la sphère du possible, et sans rêver dans les des-» tinécs humaines une solution de continuité, une métamorphose sou-» daine, un changement à vue. Toute créature gémit, a dit saint Paul,» et le problème du bonheur semble en être encore. Cependant, de-» puis l'apôtre, le genre humain a marché vers un état relativement» meilleur; il a mesuré le globe en entier et lui a imposé son cm-» preinte; il a dompté les éléments et les a enchaînés à son service;» il a remporté sur la nature des victoires éclatantes et fécondes. Son» bonheur sen est-il proportionnellement accru ? toute âme nen est-» elle pas encore à gémir? Ne reste-t-il plus de désirs inassouvis, de» besoins inquiets, daspirations en souffrance ? La conscience humaine» peut répondre à ces questions. Quen conclure? sinon que le bon-» heur absolu nest quune ombre vaine et mobile. Le propre des es-» prits sérieux est de voir cela sans faiblir, et sans chercher dans des» illusions un abri contre des nécessités douloureuses. A ce compte,» une doctrine qui apprend à régler la vie, à la dominer, sera toujours» supérieure à celles qui proclament lobéissance absolue aux instincts» et le respect aveugle des impulsions naturelles.»

Cest avec cette hauteur dans la pensée et cette fermeté destyle que lauteur explique ses principes, ses vues et la dernièrepensée de son livre. Ce nest encore quune introduction à sesétudes, mais cette introduction prépare lesprit du lecteur auxconclusions étendues et définitives qui terminent louvrage.

En considérant ces trois sectaires dont M. Louis Reybauda exposé les systèmes, on est frappé dun trait caractéristiquequi leur est commun ; cest une obstination invincible, une