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Études sur les réformateurs ou socialistes modernes : Saint-Simon,-Charles Fourier,-Robert Owen / par Louis Reybaud
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RAPPORT DE M. JAY.

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opiniâtreté d’apostolat, un dévouement à leurs principes quirésiste à toutes les épreuves, même h celles du dénùmenl etde la pauvreté, qui accepte tous les sacrifices et ne s’éteintqu’avec la dernière étincelle de la vie. Cette existence de lutteperpétuelle, cette abnégation de soi-même au profit de con-victions qui paraissent sincères, éveilleront toujours dans lesâmes généreuses de réelles sympathies. C’est là le secret del’influence qu’ils exercent pendant leur vie et après leur mort.Et cependant, en y regardant de. près, on aperçoit le mobilede leur conduite; et ce mobile tout-puissant, c’est le désir dela domination : en d’autres termes, c’est l’orgueil, passionimpérieuse dont l’exaltation peut amener la folie. Saint-Simon,Fourier, Robert Owen, ont pensé qu’ils avaient reçus de lasupériorité de leur intelligence la mission spéciale d’organiserles sociétés sur des bases nouvelles, de prendre en main ladirection des destinées humaines, et d’occuper le premierrang parmi leurs contemporains. En lisant le livre de M. Rey-baud, on voit que c’était là pour eux une de ces idées fixesdont le pouvoir est irrésistible et qui approchent de la dé-mence. Cette idée tyrannique se fait surtout apercevoir dansSaint-Simon, qui, dès l’âge de dix-sept ans, se faisait éveillerchaque matin avec ces mots : « Levez-vous, monsieur le» comte, vous avez de grandes choses à faire. ».

Fourier, d’une vertu austère, d’un caractère moral plusélevé que celui de Saint-Simon, dont le cynisme n’était passeulement une théorie, Fourier a lutté sans dégradation per-sonnelle contre la mauvaise fortune; mais il y avait pour luiune source intarissable de bonheur, et les illusions de l’or-gueil satisfait charmaient celte existence livrée à elle-même.« Il se promenait glorieux, dit M. L. Reybaud, au milieu de« populations libres et enthousiastes qui le saluaient comme» un bienfaiteur et le couronnaient comme un roi ; il parlait» à ces êtres, à ces enfants de ses rêves, une langue que seuls» ils paraissaient comprendre : il bâtissait son Phalanstère ,» le peuplait, l’organisait, conduisait lui-même au travail ses