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AVANT-PROPOS de la seconde édition.
et fécondes. Son bonheur s’en est-il proportionnellementaccru, et toute âme n’en est-elle pas encore à gémir? Ne reste-t-il plus de désirs inassouvis, de besoins inquiets, d’aspira-tions en souffrance? La conscience humaine peut répondre àces questions. Qu’en conclure, sinon que le bonheur absolun’est qu’une ombre vaine, mobile, trompant le regard, commecette Ithaque fantastique, qui fuyait toujours dans les profon-deurs mouvantes de l’horizon? Le propre des esprits sérieuxc’est de voir cela sans faiblir et sans chercher dans des illusionsun abri contre des réalités douloureuses. A ce compte unedoctrine qui apprend à raisonner la vie, à la régler, à la do-miner, sera toujours supérieure à celles qui reconnaissentcomme point de départ l’obéissance absolue aux instincts et lerespect aveugle des impulsions naturelles.
Janvier 1841.