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AVANT-PBOPOS
qui touchent à la liberté industrielle et commerciale, et dansces débats il y a une malheureuse tendance à confondre l’a-bus avec l’usage, et à écraser de grands principes sous de très-petits faits. C’est ainsi que l’utopie gagne du terrain, laissedes germes partout, et voit son esprit s’étendre à mesurequ’elle règle mieux son effort.
Ces deux symptômes, le dernier surtout, ne sont pas deceux que l’on peut combattre par le dédain; ils méritent uneattention sérieuse. Avant d’entrer dans un régime préventifqui, sous prétexte de guérir le mal, attaquerait les sourcesmômes de la vie, il est bon d’y regarder à plusieurs fois etd’examiner froidement où cela doit conduire. Je n’ai pas ledessein de traiter ici, autrement que par aperçu, le sujet donts’occupent des penseurs éminents. Moi-même, après eux, jecompte l’aborder dans un livre 1 commencé depuis longtempset que j’ai interrompu à différentes reprises pour éclaircir mesdoutes et attendre de nouvelles lumières. Mon dessein est d’yenvisager le travail sous les trois formes qu’il revêt, la liberté,le privilège ou le règlement, et l’association ; de rechercheravec impartialité quels sont les inconvénients et les avantagesattachés à chacun de ces modes; de voir ce que devient etcomment se comporte l’activité humaine, soit livrée h elle-même, soit réglée et contenue par la puissance publique, soitenfin réunie pour un but commun et dans un intérêt collectif.Ce sont là des questions graves, je le sens, et qui ont besoind’être examinées sans précipitation comme sans parti pris,avec autant de bonne foi que de patience. J’espère acheverbientôt cette étude et la livrer à la publicité.
Tout ce que je désire faire ressortir ici, c’est le danger quiattend les gouvernements et les sociétés dans les voies où l’ons’engage. Sous une forme ou sous l’autre, il y a toujours del’arbitraire au bout de ce que l’on propose. On a blâmé les ré-gimes d’autrefois d’avoir usé du pouvoir au profit du petit
1 Des lois du travail.