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Études sur les réformateurs ou socialistes modernes : Saint-Simon,-Charles Fourier,-Robert Owen / par Louis Reybaud
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DE LA QUATRIÈME ÉDITION.

i Au lieu d’étendre ces délégations, tout conseille donc de lesi limiter autant que possible et de n’aliéner en matière de| droits que ce que l’on ne peut sans danger, sans inconvé-nient, exercer soi-même. De là cette conséquence que la plusgrande latitude doit être laissée à l’initiative individuelle, enn’imposant au droit de chacun d’autre servitude que le respectdu droit d’autrui ou de la communauté. Quand ces droits sontviolés, la loi sévit, et dans cette force pénale se trouve à lai fois le frein et la sanction de la liberté.

Ainsi parlent les principes; voyons maintenant les faits.Les nations les plus glorieuses et les plus puissantes sontcelles où l’initiative de l’individu s’exerce avec le plus de la-j titude. La communauté profite alors du jeu accordé à l’acti-: vité de chacun de ses membres. Je ne conteste pas que cette! prise de possession, que cet avènement à la majorité, qui sont\ des faits récents dans l’histoire des peuples , n’aient donné■ lieu à de nombreux écarts et n’aient été signalés par quel-• ques désordres. Il est rare qu’on ne commence pas par abuser: des choses avant que d’en jouir. Mais en meme temps, on apu remarquer et constater que l’éducation individuelle s’a-méliore par une longue pratique de la liberté et que de cettelatitude d’action, exercée à l’envi , naissent des sentimentsd’ordre, de sagesse, de prévoyance et de sagacité réciproques,qui ne se seraient jamais développés sous l’empire d’un ré-gime préventif ou d’une tutelle administrative. C’est ainsique les passions déréglées s’apaisent, que les esprits s’élèvent,

; que les caractères se forment. Les frottements ne sont pasi toujours inoffensifs, mais peu à peu les aspérités s’y émoussent,j N’est-ce pas là , d’ailleurs, une loi à laquelle nous sommesj tous sujets? Avant d’arriver à la maturité , ne faut-il pasi franchir l’orageuse période de la jeunesse?j On engage donc les gouvernements et les sociétés dans une; fausse voie quand on leur propose des recettes arbitrairesi contre les inévitables écarts de la liberté. C’est prendre luchange et se préparer de tristes déceptions. On oublie ainsi