SECTES SOCIALES.
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iir.
SECTES SOCIALES.
Esséniens et Thérapeutes. — Mo raves. — Shakers et Dunkers.
Jésuites du Paraguay, etc.
La première communauté que l’on rencontre dans lessiècles est celle des Esséniens, dont la formule concorde siévidemment avec celle du christianisme, que le savent bé-nédictin Montfaucon ne consent pas à y voir une secte an-térieure à son établissement. Les dates sont pourtant déci-sives, et il est hors de doute que, si l’identité existe, il fautfaire procéder la loi du Christ de la philosophie essénienne,et. non la philosophie essénienne de la loi du Christ. Ce quel’on sait des Esséniens est très-précis. Josèphe et Pline con-firment sur presque tous les points les détails que donnePhilon à leur sujet, et qui sont fort explicites, comme onva le voir :
« On les nomme Esséniens, dit l’historien juif, mot que,par une étymologie un peu arbitraire, je ferai venir A’hosios(saint), parce qu’en effet aucuns mortels ne vivent plus sain-tement, non en sacrifiant à Dieu des animaux, mais en éle-vant leurs âmes vers lui. Us habitent surtout des villages,fuyant les villes pour éviter autant l’infection physique quela contagion morale. Les uns s’occupent d’agriculture, lesautres des arts, enfants de la paix. Ils n’amassent ni or niargent ; ils ne cherchent pas à agrandir leurs propriétés pardes acquisitions nouvelles. Us se contentent de ce qui estnécessaire à la satisfaction des premiers besoins de la vie.Pour cela ils ne s’estiment pas moins riches, car la richesseconsiste plutôt dans la modération des désirs que dans l’é-