Î8 ÉTUDES S LU LES HLIOL HATLLRS.
tendue des possessions. Chez eux, on ne trouverait pas unseul ouvrier qui voulût travailler à fabriquer une arme d’au-cune sorte, une flèche, un dard, une épée, une cuirasse, unbouclier. Il y a mieux ; ils se défendent de toute espèce decommerce, source d’avidité et de luxe. Point d’esclavesparmi eux ; ils sont tous libres, tous égaux. Ils considèrentla domination comme une injustice et une impiété, tantpour ceux qui commandent que pour ceux qui obéissent;ils trouvent qu’elle viole la loi de la nature qui a fait tousles hommes frères, et disent que l’avarice seule a pu dé-truire ce lien, en soufflant la guerre ici-bas. En fait descience, ils ne reconnaissent que ce qui concerne l’existencede Dieu et la création de l’univers, et surtout nos lois mo-rales, dans lesquelles règne l’inspiration divine. Ils les étu-dient en tous temps, mais plus particulièrement le septièmejour. Ils se forment à la sainteté, à la justice, à l’économiedomestique, aux devoirs sociaux, en se réglant sur troisprincipes qui résument toule leur doctrine : Aimer Dieu,aimer la vertu , aimer les hommes. Leur amour pour Dieuse prouve par la pureté de leur vie, par leur chasteté, parle soin qu’ils ont de tout rapporter à la Divinité. Leur amourpour la vertu résulte suffisamment de leur mépris pour toutce qui est richesses, volupté, vaine gloire, comme aussi deleur patience, de leur frugalité, de leur tempérance, de leursimplicité, de leur constance et de leur respect des lois. Quantà leur amour du prochain, ils le prouvent par leur bienveil-lance, leur équité, leur charité, et par un système de com-munauté sur lequel il n’est pas sans intérêt des’appesantir. LesEssénicns n’ont point de maison qui appartienne en propre àl’un d’enx ; toute habitation est à tous. Non-seulement ils y vi-vent en famille, mais le co-religionnaire voyageur a le droitd’y être admis. Les provisions sont communes, le vestiaire,