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ÉTUDES SUR 1.ES RÉFORMATEURS.
loger les uns chez les autres ; ils n’achètent ni ne vendent,mais chacun fournit ce qu’il a en son pouvoir, et reçoit àson tour d'un autre ce dont il a besoin. Après avoir tra-vaillé jusqu’à la cinquième heure, ils se purifient, et vontprendre en commun un repas qui s’ouvre par la prière. Usévitent les serments comme marque du parjure, et n’ad-mettent pas les étrangers dans leur communion, sans desinitiations et des épreuves préparatoires. >•
Telle est la substance de ce que l’antiquité nous enseignesur les Esséniens. Il est facile de reconnaître les rudimentsdu christianisme, soit dans cette abolition de l’esclavage, sinouvelle parmi les sociétés anciennes, soit dans ces repasen commun, qui ne sont autre chose que les Agapes oul’Eucharistie. Ce code essénien est plein de reflets évangé-liques^ on y voit poindre cet ascétisme qui engendra plustard les écarts de la ferveur monastique, on y surprend auberceau le sentiment exclusif de l’égalité, poussé jusqu a lavie commune, on y retrouve les chastes et mâles vertus queprêchèrent les premiers apôtres. Utopie, dira-t-on? Soit :mais l’Evangile lui-même n’est-il pas une utopie? Sur quelpoint du globe, dans quelle société,à quelle époque, ce divinrépertoire de morale a-t-il été entièrement et sincèrementappliqué? Où a-t-on vu la réalisation complète de cette loide tendresse et de dévouement, d’abnégation et de charité?Celte loi était faite pour des anges, et ce sont des hommesqui l’ont interprétée. Du reste, l’organisation de la commu-nauté essénienne était sur bien des points incompatible avecle développement des sociétés; elle n’a jamais eu ni la ma-jesté, ni la portée de la révélation évangélique. Combinéeen vue d’un seul sexe, elle était vouée d’avance à la sté-rilité et à l’impuissance.
L’association des Moraves ou Hernlmtters, repose sur une