SECTES SOCIALES.
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base plus large. La vie commune comprend les deux sexes.L’organisation y est toute de sentiment, « Le cœur trompemoins que la raison, disent-ils. » Et ils se fient plutôt à labonté qu’à l’intelligence. Leur religion est un christianismetrès-simplifié : aimer Dieu, aimer son prochain, voilà la loiet les prophètes. Chez eux point de prêtres ; les anciensdisent la prière de chaque jour, et prononcent un discours! le dimanche. Le régime est celui d’une égalité absolue, et| d’une communauté complète quant aux intérêts. Une vastei maison loge toutes les familles. Celle de Zeist a compté un| effectif de trois mille âmes. Chaque frère exerce un métieri ou un art, et le produit de son travail, versé à la masse,i défraie les besoins communs. Point de distinctions, point; de catégories : il n’y a là que des frères, cherchant à se sur-j passer en bienveillance et en affection mutuelles. La seule| hiérarchie qui existe chez les Moraves, est volontaire. Chaque\ maison choisit un maître qui n’a d’autres privilèges que| celui d’une responsabilité plus grande. Il traite pour la; communauté, et rend ensuite compte de sa gestion. A ses, côtés et dans un autre département, figure une maîtresse■ qui préside à l’économie domestique de la maison. Le maîtreet la maîtresse ne peuvent être époux, et ce grade ne con-fère aucun privilège, bien s’en faut, au conjoint non titu-laire. On a reproché aux Moraves un état de promiscuité.Tout prouve que ce reproche est une calomnie gratuite.Les mariages sont au contraire chez eux l’objet d’attentions
I délicates et de soins scrupuleux. L’intérêt n’a rien à y voir :c’est l’inclination seule qui les décide : aussi sont-ils presquetoujours heureux. La communauté dote les fiancés, leurfournit un petit mobilier, et un vieillard, en présence de; tous les frères, bénit leur union. La communauté se divisei en tropes qui constituent la nuance religieuse, et en chœurs