SAINT-S1M0NIENS.
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voulait passionner les artistes et les poëtes. Que lui impor-tait sa petite famille, à lui qui rêvait la famille universelle,à lui qui comptait réaliser de son vivant une suprématieéclatante et complète, une royauté politique et religieuse?Aussi, dès qu’il vit que M. Bazard ne pouvait plus, ne vou-lait plus se mettre à son pas, il résolut de le laisser en routeet de continuer seul.
Par quels moyens il resta le maître dans ce conflit d’au-torité, cela s’explique, cela se conçoit. M. Enfantin, de-meuré seul, avait encore un rôle à jouer; M. Bazard n’enavait plus. Poussé jusque-là dans des voies hardies, ce der-nier n’avait pas même la décision nécessaire pour se main-tenir au point où on l’avait conduit. Il eût reculé sans doute;et reculer en rase campagne quand on a contre soi le nombre,quand on n’a pour soi que l’audace, c’est être vaincu.M. Enfantin devait donc détrôner, absorber son collègue;c’était dans l’ordre.
La rupture éclata au sujet de deux questions capitales,l’affranchissement du prolétaire et l’affranchissement de lafemme. L’affranchissement du prolétaire pouvait se pour-suivre et s’avouer en face de l’univers. Seulement, il venaitse briser contre l’article 291 du Gode pénal, et commevers ce temps les sociétés populaires fatiguaient le gouver-nement et la bourgeoisie, il était possible que le parquetprît l’affranchissement du prolétaire en mauvaise part.M. Bazard recula devant cette expérience hasardeuse. Quantà l’affranchissement de la femme, non-seulement il présen-tait des dangers plus grands encore, mais, en outre, il frois-sait M. Bazard dans une corde personnelle. Soit que M. En-fantin laissât à la moralité future une latitude peu édifiante,soit qu’il dit trop ce qu’il voulait faire ou qu’il ne le ditpoint assez, toujours est-il que son collègue ne voulut pas