ÉTUDES Sim LES RÉFORMATEURS.
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passé devant M e Lehon, qui constituait la société collectiveBenjamin-Olinde Rodrigues et compagnie, sans l’autorisa-tion et avec l’aide de M. Enfantin. Des actions et des cou-pons d’actions furent émis au capital nominal de 1,000 fr.,et au capital réel de 250 fr., donnant droit à une renteannuelle de 50 fr. La spéculation financière réussit mal,malgré les belles perspectives quelle présentait aux pre-neurs. Un petit nombre d’actions se plaça dans le cerclelimité des partisans de la doctrine; mais cette émission par-tielle fut plus nuisible qu’utile, car on changeait en uneaffaire de calcul ce qui avait été jusqu’alors une affaire dedévouement. Ceux qui avaient tant donné au saint-simo-nisme n’avaient pas spéculé sur leurs dons. Le mobilechangeait : on s’adressait à la cupidité humaine ; elle futplus lente à répondre que ne l’avait été le désintéressement.
L’organisation du travail social ne fut guère plus heureuse.M. Stéphane Mony était demeuré fidèle à la fortune deM. Enfantin, plutôt par affection que par conviction. U es-pérait toujours que la lumière morale pénétrerait, d’unjour à l’autre, au sein de cette nuit de doutes, et il s’étaitdévoué, en attendant, à une mission qui eût réussi par lui,si elle avait eu la moindre chance de succès. Quatre milleouvriers avaient été affiliés : ils travaillaient dans des mai-sons spéciales pour le compte de la communauté religieuse.Ces essais avortèrent. Ici la certitude du bien-être matérielrendait les ouvriers nonchalants ; là des divisions intérieuresse glissaient parmi eux, et il fallait intervenir pour faire res-pecter la hiérarchie. La masse des saint-simoniens s’étaitaccrue sans doute; l’appel au prolétaire avait attiré quel-ques hommes indigents : on se prête à tous les essais quandon souffre. Mais pour les retenir, pour en augmenter lenombre, il eût fallu que l’amélioration promise se réalisât;