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Études sur les réformateurs ou socialistes modernes : Saint-Simon,-Charles Fourier,-Robert Owen / par Louis Reybaud
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ÉTUDES SLR LES RÉFORMATEURS.

flot de l’Océan paisible! Gloire à celui qui vit dans le monde ! enqui le monde vit et qui l'appelle la moitié de lui-même.

» Gloire à lui, car les battements de son cœur lui montrent ceque veut 1 humanité, ce que veut le monde.

» Il a senti que l’homme attendait une épouse nouvelle et il adit la parole qui la prépare à une nouvelle union.

" Il sent que le monde veut renouer son lien avec l'humanitéau moment où l'homme renouvellera le sien avec la femme ; et ilavertit l'humanité des noces nouvelles que le monde lui prépare.

» Un jour vient où le Dieu du progrès, le Dieu calme, le Dieubon, qui avait donné la terre pour épouse à 1 hommeetqui voyaitl’époux passer en seigneur et maître sur l'épouse, et l’épouse im-pudique s'abrutir vilement aux pieds de son grossier époux, aenvoyé son fils, le Christ, qui rompit l'union, qui dit anathèmeà la graisse de la terre, roula le monde sous ses pieds, couvritl’humanité d’un cilice, lui sema la chevelure de cendres, l’as-treignit à la macération, et la poussant vers les glaces du nord,l’enferma dans la cellule d'un monastère.

h Pendant dix-huit siècles, l'épouse se purifia ; l’époux adoucitses fureurs, et Dieu jugea que la terre approchait du temps oùil pourrait les joindre l'un à l’autre. C’est pourquoi préparantl’époux aux joies nuptiales, après l’avoir promené pendant deuxcents années sur la voluptueuse terre de l’Orient, il lui ouvrit,au-delà des mers, d'immenses régions où il trouva l'argent, l’or,les pierreries et les riches couleurs pour se parer; où germèrenttout à coup avec profusion vingt aliments nouveaux, le sucre, lecafé, les épices, les liqueurs brûlantes qui excitèrent les sensengourdis par quinze siècles d'abstinence.

» Et aujourd'hui Dieu a jugé que le temps des noces nouvellesétait venu pour l’homme et pour le monde, et il a de nouveauenvoyé son Christ.

» Grand Dieu! quelle est cette vaste terre encore imprégnéede l’humidité des mers que tu viens de signaler aux hommes, quiétreint l’Asie de ses bras amoureux, et dont les muscles saillentau-dessus des eaux par des files sans fin d’iles et de récives.

» Quel est l’avenir de ce continent sans passé?

» Là où il y a de l’eau, y aura-t-il toujours de l’eau, et lamernaviendra t-elle jamais rouler ses galets là où habitent les hommes?