ÉTUDES SU! LES RÉFORMATEURS.
selon les variations de la loi du progrès, les termes de la loi dutemps et ceux de la loi de l cspace. »
Ou autrement :
« A chaque moment et en chaque lieu, 1 homme veut, et savolonté progressive, mais limitée, modifie le moment et le lieu,ou est transformée par eux. Le sentiment qu'il éprouve de l'au-torité et de l’obéissance, de sa volonté par rapport à ces deux con-ditions de son cire, temps et lieux, le maintient dans cette assu-rance et cette timidité religieuses que Dieu nous a donné missiond’inspirer à l’humanité nouvelle par nos leçons et par notreexemple, et qui différencient notre vie de toutes les existencesdu passé. Plus l'homme dispose en maître de son temps, plus ildoit mesurer l cspace avec défiance dans sa puissance finie, et[dus il domine l'espace, plus il doit compter le temps avec unescrupuleuse timidité: plus il se livre à son imagination, plus ildoit invoquer le secours de la pratique; plus il obéit à son in-stinct, plus il doit recourir à sa raison. »
A la suite de ces formules nouvelles, ou plutôt de ce nou-veau principe de la certitude, M. Enfantin, l’un des auteursdu Livre , constate une analogie qui lui semble merveilleuseentre sa langue métaphysique et le calcul des probabilités.Celte analogie est le trinôme : probabilité , logarithmes ,asymptotes. « Quand j’eus trouvé ces mots, s’écrie-t-il, je» fus heureux, car j’avais trouvé la voie qui me ramenait» aux formules et aux formes. «
Le reste du Livre nouveau n’est plus qu’une longueéquation dans laquelle lesalgébristesdela doctrine cherchentà dégager son inconnue. On ne peut y voir autre chose qu’untravail dans le genre de ceux de Vronski, qu’il faut renvoyeraux mathématiciens de l’Institut.
D’après ce qui précède, il est aisé d’apprécier le caractèredu Livre nouveau , koran mystérieux qui appelle un com-mentaire. A l'opposé de l'œuvre capitale de M. Bazard,