SAINT-SIMONIENS.
125
l 'Exposition, qui demeurait en contact par une foule depoints avec notre intelligence et notre science profane, leLivre nouveau est la poésie et l’algèbre de la religion, sadémonstration en formules rigoureuses pour qui les pose,incompréhensibles pour qui les voudrait discuter. Jamais lamétaphysique n’avait été si compliquée de calcul différen-tiel ; jamais la religion n’était apparue sous une telle pré-tention de binôme. Et, ce qu’il y a de plus étrange, c’estqu’en acceptant tout ce travail, quantités et termes, on n’ar-riverait à aucune solution sérieusement applicable. QuandNewton trouva la marche des mondes, il en tira au moinsdes déductions astronomiques, des faits matériels, des loisphysiques que la foule pouvait comprendre. Ici, au con-traire, l’explication de l’humanité par la science des chiffresaboutit à des formules tellement idéales, que cent formulesparallèles s’établiraient à côté de celles-ci, sans que l’on pûtni débattre ni prouver la prééminence des unes sur lesautres.
VI.
CINQUIÈME ÉPOQUE.
Procès. — Dispersion.
La vie de Ménilmontant ne fut pas longtemps tranquille.Depuis le mois de février 1852, une instruction avait étécommencée contre les chefs de la famille saint-simonienne.Le 27 août, MM. Enfantin, Michel Chevalier, Duveyrier,Barrault et Rodrigues furent assignés à comparaître par-devant la cour d’assises. Ils descendirent de leur retraite,solennellement, processionnellement, rangés en file, etmarchèrent ainsi entre deux haies de curieux, jusqu’au
i.
h