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ÉTUDES SUR I.ES RÉFORMATEURS.
Palais-de-Justicc. Des témoins avaient été assignés; on lesentendit; après quoi les plaidoyers commencèrent. Chacunvoulut débiter le sien, et peut-être mit-on trop d’emphase,trop d’apparat, dans cette défense h la fois individuelle etcollective. M. Enfantin eut la prétention malheureuse devouloir essayer si son regard, puissant sur ses adeptes, exer-cerait une vertu de fascination sur les juges et les jurés. Lesjurés et les juges s’en fâchèrent. M. Enfantin priteela pourune victoire. « L’irritation, s’écria-t-il, est une preuve d’ac-tion. » Il dit aux jurés : « Je vous ai vaincus, » et aprèslui MM. Michel Chevalier, Duveyrier, Barrault, Lambert etquelques autres prouvèrent aux jurés cette défaite par lesmathématiques, par l’histoire, par la poésie, par 1 esthé-tique. Les jurés se le tinrent si bien pour dit, qu’ils con-damnèrent, probablement pour le fait seul des plaidoiries,les principaux défenseurs de la doctrine saint-simonienne.
De ce jour data une période de décadence définitive. Ladisette frappant aux portes de la communauté, il fallut ré-duire le personnel et retrancher sur l’ordinaire. On en vintaux expédients; des missions partirent pour Marseille,Toulon, Lyon et Rouen. On ne dédaigna plus les travauxprofanes; on accepta, on choisit les plus durs, les plus in-grats, les plus humbles. Quelques apôtres circulèrent dansles rues portant des malles sur leurs crochets, d’autres envinrent à mettre la main aux vendanges de la côte, ne de-mandant pour cela d’autre salaire que leur part à la gamelledes journaliers ; ceux-ci se firent canuts , avec les Lyonnais,ceux-là tisserands avec les ouvriers de la Normandie. Parmesure d’économie, souvent alors, à l’heure du dîner, lacommunauté de Ménilmontant débordait sur les guinguettesvoisines et se préparait aux privations de l’apostolat par desrepas économiques.