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ÉTUDES SUB LES RÉFORMATEURS.
le voir, un composé d’éléments anciens, assimilés à l’aided’un procédé d’amalgame. L’originalité n’est que sur l’épi-derme : quand on pousse jusqu’au vif, on trouve le plagiat.Au point de vue religieux, cette reforme du christianisme,si l’on veut cette révélation nouvelle, interprétative de sonaxiome fondamental, n’est ni plus sérieuse ni plus méritanteque le gros des réformes au petit pied, tentées de nos joursdans l’une et l’autre église, dissidente ou orthodoxe. Ce n’estni mieux ni plus mal que les essais bibliques ou évangéli-ques de Shafsbury, de Woolston, de David Williams, deConnor, en Angleterre ; en France, de Jean Leclerc et deToustaint; en Allemagne, deLessing, deBassedow, de JahnetdeGlabach. Pour l’éclat et le scandale, c’est même demeuréloin de la comédie théophilanthropique, jouée vers la fin dusiècle passé, avec des acteurs qui se nommaient La Réveil-lière, Bernardin, Haüy, Dupont de Nemours. Si grandequ’ait été l’imagination des nouveaux Messies, ils sont restésau-dessous de l’expédient du cabaliste Van Helmont, qui,pour mieux parodier Jésus-Christ, se fit rouler dans deslanges, et, ainsi emmailloté, voulut qu’on le déposât dansun étable, où il se prit à vagir. Dans les sphères du mysti-cisme et de l’illuminisme, ils copient, sans les vaincre, Saint-Martin et Swedenborg \ dans leur théogonie, ils touchentau panthéisme ancien ; dans leur théocratie, ils refont les Hié-rophantes , les Brames, les Mages, les Druides, les Scaldesen demandant à l’affection une obéissance absolue que cesprêtres,mieux avisés, demandaient à la terreur. Leur morale,si étrange quelle soit, n’est guère plus neuve. C’est, pour lesrelations entre les sexes, de l’épicurisme, compliqué de poly-gamie ou de polyandrie, le tout aggravé, au profit du prêtre,de quelque chose qui ressemble à l’ancien droit du sei-gneur.