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Études sur les réformateurs ou socialistes modernes : Saint-Simon,-Charles Fourier,-Robert Owen / par Louis Reybaud
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CHARLES FOUllJER.

le principe de l’analogie universelle, rien n’est omis, pasmême la formule devenue célèbre : associer les hommes encapital , travail et talent. Cependant, malgré ses mérites,l’ouvrage est une composition bizarre et trop peu métho-dique; les formes de l’organisation y sont tellement enve-loppées dans la critique, quelles ne s’ni dégagent pasencore d’une manière suffisamment nette, suffisammentprécise.

Ce qui frappe le plus un lecteur ordinaire, dans ce livrecomme dans tous les livres de Fouricr, c’est la puissancedes études et l’étendue des lectures qu’ils supposent. Fou-ricr louche à toutes les sciences, exactes ou naturelles,avec autorité, avec supériorité; il touche à la littératurepar une foule de citations ingénieuses, à l’histoire par lespreuves qu’il y puise, à l’industrie par des observationspleines de portée cl de sens, aux mathématiques par lesdéductions sévères qu’il leur emprunte, à la philosophiepar un système d'agression constante qui témoigne claire-ment qu’il l’a interrogée sous tous scs aspects. Et pourtantcelui qui a ainsi parcouru, comme en se jouant, le cerclede nos connaissances, pour s’en isoler ensuite et les décla-rer stériles, ce penseur, cet inventeur , est un simple com-mis marchand qui n’ose pas signer son nom, et qui ne livreau public que son prénom Charles, en se déclarant prêt àrépondre à toutes les objections qu’on lui adressera. Hélas!peu d’objections lui parvinrent. Charles n’eut que de rareslecteurs, et presque tous sans doute le prirent pour unvisionnaire.

Fourier ne s’était pas fait illusion sur le sort de sonœuvre : il connaissait les hommes, comme sa vie entière l’aprouvé; mais sachant mieux qu’un autre que sa théorieglisserait sur les intelligences ordinaires, il espérait que lût