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ÉTUDES SIR LES IIÉPOIIUATEI'HS.
ou tard elle frapperait l'attention d’un homme riche oupuissant, d’un banquier ou d’un grand seigneur, qui le sait?peut-être d’un roi. Ce qu’il fallait à Fourier, c’étaient moinsdes hommes sympathiques à ses idées, que les moyens de lesréaliser : il ne visait plus à fonder une école, mais il aspi-rait à une expérience. Il espérait que la magnificence desrésultats, la beauté des solutions, leur ordonnance scienti-fique, la pompe des plans, leur grandeur, leur utilité, dé-termineraient en sa faveur, ou uneinterventionfastueuse,ouune grande coopération financière. Il patientait ainsi, faisantpeu de bruit, parce quil se croyait tous les jours à la veilled’une épreuve décisive. Ce fut là une des illusions de Fou-rier. Ni l’aristocratie de naissance , ni l’aristocratie d’argent,ne prirent garde aux merveilles semées dans son volume.Quel intérêt auraient-elles pu avoir, ces deux puissances, àchanger le monde dans lequel on leur a fait une si bellepart? Elles y régnent ; que leur faut-il de plus?
Après la Théorie des quatre mouvements ^ Charles Fourierse lut pendant de longues années, méditant sur sa décou-verte au milieu des occupations ingrates et mercenaires d’uncomptoir, espérant toujours, attendant toujours. Cependant,en 1822, il reparut devant le public avec son Traité deVassociation domestique agricole , qu’il n’osa pas, à ce qu’ildit, intituler : Théorie de l’unité universelle. Cet ouvrage,annoncé en six volumes, n’en a eu que deux ; mais ils suffi-sent aux plus nécessaires comme aux plus vastes développe-ments de la théorie. Là Fourier marque nettement et naï-vement sa place à côté de Newton. Newton a découvertl’attraction matérielle , lui Fourier, a découvert l’attractionpassionnée. À l’un la science de la vie planétaire, à l’autrela science de la vie humaine. L’analogie universelle, l’unitéharmonieuse qui préside aux fonctions de l’univers, doivent