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Études sur les réformateurs ou socialistes modernes : Saint-Simon,-Charles Fourier,-Robert Owen / par Louis Reybaud
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ÉTUDES SUR UES RÉFO'JMATEtJiïS.

pressent facilement quel fut le sort de ce mémoire : le con-grès d’Aix-la-Chapelle, arbitre du sort politique de l’Europe,ne pouvait pas déroger au point de s’occuper du sort destravailleurs. Il passa outre.

Cette époque est toutefois l’une des plus belles phases dela vie de M. Owen. Dans la croisadequ’il allait entreprendrecontre les systèmes régnants, il pouvait se présenter au pu-blic armé d’une réalisation heureuse, et, ce qui n’était pasmoins décisif, d’une fortune de plusieurs millions. Son nomavait de l’ascendant, sa découverte soulevait l’enthousiasme.A l’apparition de ses Essais , lord Livcrpool, alors chef ducabinet, se crut obligé d’en confier l’examen à lord Sid-moulh, secrétaire d’État au ministère de l’intérieur; celui-ci,dans une conférence officielle, n’hésita pas à déclarer aunovateur que le gouvernement inclinait vers ses vues, et lesappliquerait aussitôt que l’esprit public y serait préparé. Desexemplaires des Essais furent envoyés à tous les hommesimportants du Royaume-Uni, aux évêques d’Angleterre, auxlords, aux membres de la chambre des communes, enfin àtoutes les universités du monde. Les personnages les plushaut placés ne craignaient pas d’avouer leurs sympathiespour les idées de M. Owen, et, à diverses reprises, les frèresdu roi, le duc de Kent et le duc de Sussex, présidèrent lesmeetings , où le philanthrope gallois énonça et développa sadoctrine. M. Owen avait un parti dans le parlement, dansl’administration, dans le haut commerce. Les souverains nedédaignaient pas de lui écrire des lettres autographes, et leroi de Prusse lui envoya une médaille d’or. Ceux mêmesqui repoussaient le plus vivement ses opinions, ne pouvaients’empêcher de témoigner leurs sympathies pour sa personne.Jamais réformateur ne fut plus applaudi, plus encouragédans ses débuts.