UUBËKT OWKN.
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M. Owen n'accepta pas pour lui-mème cet engouementet cette sympathie, mais il les mit au service de ce qu’itcroyait, être la vérité. Quand le moment fut venu d’abdi-quer cette popularité éphémère, il le fit avec un désintéres-sement, une simplicité, une noblesse, qui ne sont pas dece siècle. Loin de vouloir tirer aucun parti de sa mission, ily consacra une portion de son immense fortune. On ne sau-rait évaluer à moins d’un million de francs les premiersfrais de propagation de sa doctrine, tant par la presse pé-riodique que par des brochures tirées à cent mille exem-plaires, et ce million fut payé des deniers de M. Owen.Quand, plus tard, il s’agit d’ouvrir des souscriptions pourfonder des colonies expérimentales, M. Owen figura tou-jours pour une somme importante en tète de la liste dessouscripteurs. Richesse, santé, ambition, loisirs, jouissancesdu luxe, M. Owen sacrifia tout à son rôle d’adoption ; il yapporta autant d’opiniâtreté que de grandeur dame, autantd’abnégation que de vertu. De 1812 à 1817, sa vie est untriomphe; de 1817 à 1824, elle est un combat. Dans lapremière de ces périodes, à l’aide de meetings , de prédica-tions populaires, de tracts (petits imprimés distribués gra-tuitement dans les rues), il était parvenu à s’emparer del’attention publique, il avait pu se faire écouter d’un comitéde la chambre des communes, pour lequel il rédigea unrapport sur les enfants employés dans les manufactures ;il avait développé ses idées par toutes les voies, soit dans leBritish Stateman et dans plusieurs autres feuilles pério-diques, soit à l’aide de manifestes innombrables adressés àtoutes les classes et à tous les corps d’État; enfin, et ce quiétait bien plus important, il avait réussi à ouvrir une sous-cription, en tête de laquelle il se trouvait inscrit, lui et sonbanquier, M. Smith, chacun pour une somme de 300 livres