ROBERT OWEN.
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patience évangélique et d’un tact exquis, M. Abrain Combeparvint un instant à renouveler le miracle de New-Lanarket à dompter ces natures rebelles. Dans les débuts, peu demembres de la communauté consentaient à partager unebesogne qui n’était pas imposée et contrainte ; bientôt ils yconcoururent presque tous, excités par l’attrait du travailmême. Les femmes, d’abord tracassières et acariâtres, de-vinrent par degrés plus douces et plus intelligentes. Lesouvriers à leur tour se montrèrent peu à peu plus sobres,plus dociles, plus actifs, plus bienveillants les uns envers lesautres. Orbiston prospéra ainsi pendant quelques mois, ali-mentant des industries diverses, telles que des fonderies etdes ateliers de machines ; mais le directeur Abram Combeétant mort en 1827, tous ces résultats, dus à sa douce etactive influence, s’évanouirent avec lui. Orbiston dépéritbientôt. Là encore l’homme avait vaincu le procédé.
Cependant M. Owen s’était remis à l’œuvre. Pour que sesenfants ne pussent pas lui reprocher un jour d’avoir sacrifiétoute sa fortune à une idée, il venait de les mettre en pos-session dès son vivant, ne se réservant que ce qui lui étaitnécessaire pour vivre d’une manière honorable. Sobre etsimple dans ses goûts, il trouva encore, sur ce dernier lotpersonnel, de quoi pourvoir à l’ingénieuse et infatigablepropagande qu’il poursuit depuis trente ans, et qui ne ces-sera qu’avec sa vie. Ce ne serait pas s’éloigner de la véritéque d’évaluer la somme des efforts tentés par lui, de 1826à 1857, à mille discours prononcés en publie, cinq centsadresses à diverses classes, deux mille articles de journauxet deux ou trois cents voyages. Quand il s’est agi de sa doc-trine, jamais rien ne l’a retenu, ni la dépense, ni le soin desa santé, ni un plaisir, ni une affaire. 11 a été, il est encore,avant tout, l’homme de son idée. La controverse ne saurait