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Études sur les réformateurs ou socialistes modernes : Saint-Simon,-Charles Fourier,-Robert Owen / par Louis Reybaud
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ÉTUDES SUR l.ES RÉFORMATEURS.

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ni le rebuter, ni le lasser : il écoute tout avec patience, ré-pond à tout avec douceur; et si la discussion dégénère en per-sonnalité, il trouve encore une réplique dans un sourireplein de bienveillance et de grâce.

Nous ne le suivrons pas dans sa vie nomade et militante.Manchester, Saldfort, Glasgow, Liverpool, Dublin, Birmin-gham, semblent avoir été le théâtre de ses prédications lesplus actives. A Londres, le grand centre de la propagandeétait dans le bazar de Charlotte-Street, où se tenaient desconférences hebdomadaires. Ce fut là que prit naissance unmouvement singulier qui, un instant, mêla le nom deM. Ovven à la vie politique de l’Angleterre. C’était vers 1854 :on se souvient que, cette année, à la suite d’une émeute detravailleurs à Manchester, et d’une condamnation qui en futla suite, une grande effervescence se manifesta parmi lesouvriers de la capitale. Cent mille hommes marchèrent versle palais de Saint-James avec leurs couleurs et leurs ban-nières. Ce qu’on ignore, c'est que M. Owen fut, en cetteoccasion, le porteur de paroles. 11 avait amené les ouvriersà ajourner toute pensée de colère, et à ne faire entendre quele langage simple et digne de la raison et de la vérité. Lapétition, présentée par lui au nom de ses cent mille manda-taires, était donc modérée dans les termes, raisonnabledans ses prétentions. Mais on conçoit bien qu’aux yeux desministres alarmés d’un pareil mouvement, la forme ne suffi-sait pas pour faire pardonner le fond, M. Owen fut fort malaccueilli à Saint-James, et plus mal accueilli encore des ou-vriers, à son retour. D’un côté, le gouvernement ne voulutvoir en lui qu’un agent de la foule, et la foule en eut bientôtfait un complice du gouvernement. Ainsi, comme média-teur, il se trouvait en butte à deux récriminations.

Son extrême bonté l’entraîna à d’autres complaisances,