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ÉTUDES Sun LES RÉFORMATEURS.
Pous infirmer la valeur de la science économique, pou»prouver l’impuissance de son principe de liberté, on a arguéconstamment de ce qui est, de ce qui se passe sous nosyeux, des faits industriels et commerciaux qui nous entou-rent. Mais ce n’est, à ce qu’il semble, qu’à la faveur d’unétrange abus de mots que l’on peut appeler notre régimeéconomique un régime de liberté. Qu’est-ce donc, en effet,que cette protection exorbitante accordée à nos manufac-tures, si ce n’est de l’autorité ? Que sont nos lois de céréales,nos tarifs prohibitifs, notre code de douanes armé contre laproduction étrangère, si ce n’est de l’autorité? Que sont,dans l’ordre financier, les monopoles dévolus au gouverne-ment, la régie des poudres et des tabacs, l’impôt sur le sel,les droits écrasants sur les boissons, si ce n’est de l’autorité?Que sont, dans l’ordre civil, les privilèges d’offices et la vé-nalité des charges, si ce n’est de l’autorité? Sur quelquepoint que l’on jette les yeux, dans le champ des phéno-mènes économiques, on retrouve l’autorité partout, on n’a-perçoit la liberté nulle part. S’il y a angoisse, s’il y a souf-france, qu’on en rejette donc la responsabilité sur le principed’où ils sont issus, et qu’on n’attribue pas à la liberté lesmaux qui proviennent des erreurs des hommes. Est-il équi-table de juger une science sur des essais qui se poursuiventdans la voie contraire, et de la déclarer stérile parce qu’onaura fait l’opposé de ce quelle conseille ? Les demi-épreuvesne suffisent même pas : pour qu’un remède agisse, il fautlui conserver toute sa dose. L’économie politique est doncfondée à réclamer une expérience complète, et à décliner laresponsabilité d’un état de choses qu’elle n’a pas créé etquelle désavoue.
Plus on réfléchit sur les souffrances qui affligent le mondedes travailleurs, et plus on demeure convaincu que la liberté