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ÉTUDES SUII LES RÉFORMATEURS.
que les esprits justes et prévoyants se remettent dans la voieet y ramènent les sociétés qui s’en écartent. La vérité a celade bon qu’elle ne perd jamais son à-propos et que le délais-sement ne lui ôte rien de sa vertu. Nous croyons, toutefois,qu’il est temps de s’y rallier et d’oublier les systèmes fan-tastiques pour un système réel. Pour le formuler en peu demots, il suffirait de renverser les termes de trois théoriesque nous avons parcourues et de reconnaître comme instru-ments nécessaires du progrès social : L’autorité dans l’ordremoral, et surtout l’autorité de l’exemple; dans l’ordre éco-nomique, la liberté.
SERVICES RENDUS PAR CES THÉORIES.
Après s’être montré sévère, il est permis d’être juste.
Tout n’a pas été funeste et stérile dans ces révoltes spé-culatives. Si l’économie politique y a vu s’amoindrir sonautorité, elle y a puisé, en revanche, des enseignementsqui retremperont son essence. Réprouvées par la raison, cesréformes avaient une qualité qui leur a valu quelques con-quêtes : elles par'aient du cœur. Elles n’ont pas concentréleur plus vive sollicitude sur de simples abstractions; ellesont songé aux hommes. Au lieu de raisonner didactique-ment sur la richesse, elles ont signalé les douleurs du pau-vre ; au lieu de définir les éléments des fortunes, elles sontallées droit aux classes souffrantes. Charles Fourier leurassure un minimum qui les met à l’abri du besoin ; Saint-Simon leur consacre sa formule fondamentale; Robert Owendétruit, à leur profit, la hiérarchie sociale et les convie àune égalité absolue. Il y a, dans ces trois novateurs, unecompassion véritable, une sympathie réelle pour le peuple.Sa destinée est l’objet de leurs soucis, son avenir le but de