MANIFESTE DE ROBERT OWEN.
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!c théâtre. Il adressa à ce sujet au cabinet mexicain un mémoire qu’ilavait rédigé en Europe et préalablement soumis aux ambassadeurs desprincipales puissances américaines. Fort de leur appui et d’une recom-mandation de lord Wellington auprès du ministre anglais à Mexico,M. l'akenham, il entra en pourparlers avec le président Victoria. Cefut M. Pakenkam lui-même qui se chargea d’exposer les plans du fon-dateur de la société rationnelle dans une conférence officielle : il fitl'éloge le plus complet tant de la méthode de M. Owen que de sa per-sonne et des qualités qui le rendaient propre à la mission projetée. Leprésident répliqua que le gouvernement mexicain allait prendre lachose en sérieuse considération, qu’il était à regretter seulement quel’administration du Texas ne ressortît pas directement du gouverne-ment de Mexico, puis il ajouta : « Si M. Owen veut accepter la ges-tion d’un territoire beaucoup plus important, nous avons à lui offrirun district qui s’étend entre l'Océan pacifique et le Golfe du Mexique,et qui forme en grande partie la limite de la Confédération mexicainedu côté des États de l'Union. » A cette ouverture si généreuse, M. Pa-kenham et M. Owen ne purent retenir leur surprise. Cependant desexplications survinrent, et M. Owen demanda préalablement que touteliberté fdt accordée à son district en matière religieuse. A quoi le pré-sident Victoria répondit qu’en effet cette condition pourrait être unobstacle, le culte catholique dominant dans le Mexique, mais que ce-pendant il soumettrait au congrès une proposition pour établir dans lepays une tolérance semblable à celle des États-Unis. « Sur ces bases,dit alors M. Owen, j’accepte : quand la loi aura été votée, je me char-gerai de réaliser mes procédés de gouvernement. » Durant Je reste deson séjour au Mexique, M. Owen fut présenté aux sommités législa-tives et administratives de la contrée, et à la Vera-Cruz, il eut plusieursentrevues avec le général Santa-Anna, qui se montra un vif partisande ses projets d'amélioration sociale. M. Owen quitta la Vera-Cruzsur un brick de guerre de dix canons, envoyé de la Jamaïque pour leconduire à la Nouvelle-Orléans.
10. Dans ces voyages, M. Owen avait pu reconnaître combien il exis-tait, entre les États-Unis et l'Angleterre, de dissentiments et d’anti-pathies funestes. Il comprit que la chose pouvait en venir au point dejeter les États américains dans une alliance avec les puissances duNord, hostiles au Royaume-Uni. M. Owen voulut essayer de ramenerles rapports sur un pied plus bienveillant et plus sincère. Il se rendità Washington, exposa à M. Van Buren, alors secrétaire d’état, combienle système des deux gouvernements était impolitique, et dans des con-férences qui durèrent dix jours, la question fut parfaitement éclaircieentre les deux interlocuteurs, On en référa au président Jackson qui