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ÉTUDES SU B LES BÉFOBMATEURS.
Voilà, en abrégé, une partie de ce que Robert Ovven a fait pour unmonde vieilli, caduc, immoral. Mais ce n’est lien encore auprès de cequ’il médite pour arracher les humains à leur pauvreté, à leurs divi-sions, à leur dégradation, à leurs vices et à leurs misères.
Un mot maintenant sur ma présentation à Sa Majesté la reine. Je ledemande, qui d’entre nous trois a été le plus honoré de cette visite?Ou d'un homme de près de soixante-dix ans, qui a employé plus d’undemi-siècle à acquérir une rare sagesse avec la seule pensée de l’appli-quer aux créatures souffrantes, et qui, pour arriver à la réalisation deses desseins, s’est assujetti à s’habiller comme un singe et à fléchir legenou devant une jeune fille, charmante sans doute, mais sans expé-rience : — ou bien du ministre qui engagea ce vieillard à subir cesformes de l'étiquette, et qui ensuite, dans un discours plein d’absur-dités, désavoua presque un acte dont il était le promoteur ; un actequi. quelque jour peut-être, comptera comme le fait le meilleur et leplus important de son administration ; — ou bien enfin de la jeunefille devant laquelle un septuagénaire a plié le genou. Quant à moi jene tiens point à honneur d’avoir été présenté à aucun être humain,quel qu’il soit.
11 y a vingt-deux ans, dans un mémoire adressé aux souverainseuropéens assemblés en congrès à Aix-la-Chapelle et qui leur fut pré-senté par lord Castelreagh, je déclarai que je n'étais influencé dansmes vues par aucune sorte de désir d’honneurs ou de privilèges, quej'ai toujours regardés comme des hochets d’enfant ou des vanités depetites âmes.
Cependant le chef de l’opposition, dans la Chambre des Communes,a qualifié d’offense grave ma présentation à Sa Majesté, et il s’en estfait une arme contre le ministre qui y a consenti.
Le sir Robert Peel actuel a-t-il pu produire cette motion sérieuse-ment et sans rougir?
Ne se souvient-il plus que l’ancien Robert Peel, le père de l’orateur,demeura pendant de longues années en excellents rapports avec moi,qu'il eut l’avantage de poursuivre devant la Chambre des Communes laréalisation de mes idées, et d’y faire accepter, quoiqu'au prix de nom-breuses mutilations, mon bill pour l’emploi des enfants dans les ma-nufactures.
L’ancien sirRobert Peel était un homme d’affaires, cherchant à s'ap-puyer, non sur des mots sans valeur, mais sur des objets d’une utilitéréelle, d'une application fructueuse; un homme d'expérience, quipesait et jugeait avec gravité et avec conscience les idées qui lui étaientsoumises. Je demande maintenant à l'honorable chef de l’oppositiondésespérée qui s’agite dans les Communes, s’il se rappelle ma visite à