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ÉTUDES SUE I.ES RÉFORMATEURS.
manière plus satisfaisante et plus rationnelle que ne l’a fait le noblelord en plein parlement.
Mais en réfléchissant bien à toutes ces choses, je suis conduit à madire que l'honorable vicomte, ministre d’État.que l’honorable chef del’opposition des Communes, et le révérend prêtre d’Exeteront chacunleur caractère particulier formé pour eux, et auxquels ils sont impé-rieusement soumis, ce qui rend leurs erreurs forcées, nécessaires etpar conséquent dignes de compassion et non de blâme. La charité dela religion rationnelle qui, d'une façon ou d’une autre, sommeillait enmoi à la lecture des discours de ces nobles sénateurs, me parle de nou-veau dans toute sa force et dans toute sa pureté; et j’oublie en consé-quence, et j’absous tout ce qu’ils ont pu dire. II me semble que le vieuxsystème social ne doit pas leur inspirer à mon égard une charité aussifranche et aussi sincère, et, dans ce cas, ma compassion pour eux s’enaccroît encore.
Ayant soulagé mon cœur au sujet de ces bagatelles, j’arrive à deplus graves, à de plus importantes considérations.
Certaines personnes dans le parlement anglais ont conseillé depoursuivre et de punir quelques disciples du Système rationnel deSociété. Ceci, en vérité, serait bien peu rationnel.
Je suis le découvreur, le fondateur, le promulgatcur avéré de cesystème, de toutes les erreurs, immoralités et blasphèmes qu’il ren-ferme (si tantest qu’on y en trouve l'ombre), moi seul en suis l’auteur,et seul, par conséquent, dois être poursuivi et puni, s’il y a lieu, pourles scélératesses qu’il peut recéler. Je suis prêt à prouver au premierministre de la couronne que le système rationnel et la religion ration-nelle, comme je les ai enseignés, sont autre chose que des absurdités ;au chef de l’opposition dans les Communes, que ce système proclameles plus importantes et les plus utiles vérités ; enfin, au révérendévêque d’Exeter que la religion rationnelle que j’ai donnée au monderenferme infiniment moins d’immoralités et de blasphèmes qu’aucuneautre des innombrables religions qui abrutissent et enchaînent depuissi longtemps les âmes humaines.
Si ceux qui gouvernent notre pays ou d’autres pays du globe avaientquelque sagesse, voyant que l’esprit humain s’est emparé de ce sujetdans toutes les portions civilisées du globe, ils chargeraient deshommes de science, d’expérience et de pratique, des hommes possé-dant la connaissance des choses et non pas seulement le talent demots, d’entrer dans une profonde et laborieuse investigation de toutle système, afin qu’eux d’abord, et l’univers ensuite, pussent avoir une