INTRODUCTION
AU SECOND VOLUME.
Voici quatorze ans bientôt qu’au début de cette suite d e-tudes, j’eus le triste honneur d’introduire dans notre languele mot de socialistes, sans prévoir quel bruit ni quelles luttess’y rattacheraient.
Alors rien n’annonçait un pareil éclat. L’école de Saint-Simon venait de s’éteindre dans les sarcasmes et le délaisse-ment; celle de Fourier en était encore à des préludes obscurs.La plus redoutable de toutes, celle de la communauté, n’a-vait point en France de partisans déclarés , et n’était re-présentées Angleterre que parle plus inoffensif des hommes,M. Owen. Il ne s’agissait d’ailleurs ni de violences à exercersur la société, ni de prétentions à l’empire. L’audace n’estvenu qu’avec le temps. Tout le débat demeurait, à l’origine,circonscrit dans le champ de la spéculation, et rien n’en pas-sait par les faits pour y prendre le caractère d’un défi oud’une menace.
Ce fut à cette heure que je me proposai de suivre et d’ap-précier ce mouvement. Je trouvai devant moi de petiteséglises qui paraissaient animées d’une foi sincère et d’undévouement réel. La bienveillance était permise; je la pous-sai jusqu’à l’excès. Mon plus grand soin fut d’adoucir les