iü
INTRODUCTION.
nés à supporter un pareil fardeau. La communauté dévore-rait ainsi sa propre substance; la portion inerte empiéteraitsur la portion active, de manière à couvrir à la longue le paysd’une population d’indolents et de mendiants. On a beau fuircette conséquence, l’écarter, la contester, elle est dans la na-ture des faits, elle est invincible.
En étudiant les idées et les sectes communistes, j’ai mon-tré où conduisent ces combinaisons qui tendent à érigerl’État en une sorte de providence chargée de distribuer lebien et le mal parmi les citoyens et d’y faire régner un équi-libre arbitraire. Au bout de cette voie se trouvent la misèreet l’asservissement. Pour quiconque pèse les faits, la convic-tion en est acquise. C’est du communisme informe, honteux,le pire de tous. Et pourtant tous les rêves vont de ce côté,même ceux qui causent du scandale et produisent quelqueeffet. Il est vrai que le vent est à l’erreur et que l’air est pleinde vertiges. Cela explique comment les esprits ont pu êtretroublés et la société mise en péril pour des idées qui ne sou-tiennent pas l’examen le plus superficiel, témoins celles deM. Louis Blanc et de M. Proudhon.
Jusqu’ici, je n’avais point parlé de M. Louis Blanc; il merépugnait de le prendre au sérieux et j’y répugne encore. Jen’estime point les choses sur le cas que le vulgaire en fait, niles gens sur l’importance qu’ils se donnent. A mes yeux,M. Louis Blanc, tout original qu’on le suppose, n’a pas mêmeles honneurs d’une conception qui lui appartienne. Il est en-tré dans le communisme par un détail et n’y a recueilli qu’unmédiocre butin. Seulement, pour couvrir le plagiat, il y a ré-pandu un peu d’emphase. L’atelier que M. Louis Blanc qua-lifie de social n’a rien de nouveau. Il est aussi ancien qu’ab-surde; il se retrouve dans tous les rêveurs; il a occupé toutesles imaginations lunatiques. C’est le même thème invariable-ment et obstinément reproduit : supprimer les activités par-ticulières au profit d’on ne saurait dire quelle activité offi-cielle, embrassant leterritoire comme dans un réseau, liécou-