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Études sur les réformateurs ou socialistes modernes : Saint-Simon,-Charles Fourier,-Robert Owen / par Louis Reybaud
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LA SOCIÉTÉ ET LE SOCIALISME.

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schisme même personne ne se paye dune aussi mauvaisedéfaite. Pélage et Abélard, en exagérant le libre arbitre,Priestley, en inclinant vers la loi de la nécessité, les antino-méens et les déterministes, le Koran empreint de tant defatalisme, le dogme paien quassombrit lexpiation, tous lescultes comme tous les systèmes, proclament la responsabi-lité de l'bomme, sans faire jamais au milieu dans lequel ilvit une part trop grande, sans y puiser les éléments dunejustification aussi dangereuse que commode.

Cest que se trouve la vérité, non ailleurs : tout autrepoint de vue laisse la passion sans frein, la conscience sansautorité. Aucune société ne résisterait à un régime lesentiment du devoir personnel saffaiblirait devant linter-vention don ne saurait dire quelle tutelle collective. Lacivilisation actuelle est le fruit de léducation lente et suc-cessive de lhomme : la loi du devoir a élevé lindividu, etpar conséquent lassociation humaine. Sans doute cette loina jamais eu une application complète, et bien des infrac-tions en altèrent la vertu, Il nen est pas résulté, cela estvrai, des sociétés irréprochables; mais le bien qui sest pro-duit dans le cours des temps émane de ce mobile, et on nesaurait lui imputer le mal qui couvre encore la terre. Lim-perfection de lhomme naccuse que lhomme, pour quilatteigne lidéal il doit aspirer, il ne faut amoindrir ni saliberté ni sa responsabilité. Il y a plus de respect pour ladignité de sa nature chez ceux qui consentent à le voir mal-heureux par sa faute et régénéré par lépreuve dun combatinférieur, que chez ceux qui lui arrangent un bonheurforcé et, pour ainsi dire, mécanique, obtenu sans effort,partant sans mérite. La part de lindividu doit être grandedans la direction que prend sa destinée. Si la société enfournit quelques éléments, il appartient à lhomme de se