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Études sur les réformateurs ou socialistes modernes : Saint-Simon,-Charles Fourier,-Robert Owen / par Louis Reybaud
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ÉTUI1ES st:n LES réformateurs.

Cependant, à l’aide de l’observation la plus superficielle,on peut s ’éer à l’absence des documents et s’assurer quela misère, loin de grandir avec la civilisation, tend au con-traire à diminuer devant une aisance chaque jour accrue etles issues nouvelles que se fraie le travail. Il serait tropdouloureux de penser que le progrès social, cette idole dutemps, ressemble à ces divinités indiennes qui ne marchentvers le temple qu’en écrasant à chaque pas, sous les rouesde leur char, un plus grand nombre de victimes. Cela n’estpoint ; les sociétés modernes ont été calomniées; elles sontau dessus des sociétés anciennes, comme intelligence, commebien-être. Si, par misère, on entend ce mal moral qui setraduit au dehors par des exigences inquiètes, une soif im-modérée de jouissances et les appels d’une ambition déré-glée, oui certes, notre époque est en proie à cette misèreet les classes ouvrières ne sont pas les seules qui s’en trou-vent atteintes. Chez elles, comme dans toute la hiérarchiede la société, se manifestent ces prétentions à l’empire,inévitables dans un temps où tout le monde veut comman-der et où personne ne se résigne à obéir. Quand de toutesparts chacun semble malheureux de sa position et chercheà se faire une meilleure place, pourquoi les classes labo-rieuses n'éprouveraient-elles pas le même vertige? Telle estla misère du temps, et au milieu des flatteries dont ils sontl’objet, il est surprenant que les ouvriers ne s’en soient pasressentis d’une manière plus profonde. Mais si par misèreon entend ce mal physique qui se manifeste par des habi-tudes dégradées et la privation des premières nécessités dela vie, non, il n’est pas exact de dire que notre siècle estlà-dessus plus mal partagé que les siècles antérieurs : c’estle contraire qui est vrai.

Il suffit pour s’en assurer de jeter un coup d’œil sur les