LA SOCIÉTÉ ET LE SOCIALISME.
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Sous bien des rapports les sociétés antérieures étaient,donc en arrière de la société actuelle ; c’est un fait désormaishors de doute. Il y a eu dans le cours des siècles une suited’acquisitions lentes et précieuses qui composent le lot denotre temps. Les civilisations se forment comme les terrainsd’alluvion : chaque âge y contribue et laisse plus qu’il n'areçu. L’homme s’est ainsi ennobli de deux manières, mora-lement par une éducation chaque jour plus répandue, ma-tériellement par un bien-être qui saus cesse tend à s’accroître.Le pouvoir, concentré d’abord dans quelques mains, s’estdisséminé de manière à intéresser la classe moyenne admiseà en régler l’exercice. Évidemment ce sont là des progrès,et, à ce spectacle, toute imputation de décadence tombed’ellc-même.
Le rôle du passé étant ainsi déterminé, il ne reste plusqu’à compter avec l’époque actuelle. En le faisant, il importede se séparer de l’école de l’exagération et de s’étudier à enéviter les données et le langage. Quand on traite aujourd’huide semblables matières, on ne saurait y apporter ni trop desagesse ni trop de sang-froid. La défense des classes labo-rieuses ne peut pas, ne doit pas être délaissée, quoique desamis dangereux l’aient singulièrement compromise. Seule-ment il devient essentiel d’émettre des réserves très-expli-cites et d’assigner à ces questions des limites précises etraisonnables. Aussi ne sera-t-il fait ici aucune concession nià l’utopie,, ni au roman, ni mémo à la statistique : les amé-liorations lointaines font toujours du tort aux améliorationsprochaines, et il y a du bénéfice à se tenir en garde contredes chimères. Celte réserve exprimée, on peut se demanderoù en est notre siècle, pour ces trois plaies sociales, levice, le crime et la iniscrc, qui rongent surtout les couchesinférieures de la société? Est-il quelques mesures immé-
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