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ÉTUDES SUR LÉS RÉFORMATEURS.
(liâtes à prendre, quelques topiques certaias que l’on puisseappliquer à de tels maux? Pour rappeler une expression de-venue célèbre, y a-t-il à ce sujet quelque chose à faire? Cesont là des questions dignes de quelque intérêt.
Quand on parle du vice, la prostitution se présente enpremière ligne : c’est de toutes les plaies sociales, celle quiaffecte le plus douloureusement la pensée et qui porte auxmœurs l’atteinte la plus profonde. Un écrivain * a rendu aupublic le triste service de l’initier aux mystères et aux souf-frances de cette vie d’abjection. Les détails de cette déplo-rable statistique sont connus, trop connus , peut-être. Uneseule chose peut consoler d’un aussi affligeant tableau, c’estque la société ne pousse personne dans ce monde de la dé-pravation. Les chutes y sont, à peu d’exceptions près, vo-lontaires; elles ne doivent être imputées qu’aux mauvaispenchants de la victime ou aux séductions de ces odieusescréatures qui spéculent sur le déshonneur. Peut-être cettequestion de la prostitution n’a-t-elle jamais été envisagéeavec assez de rigueur. On admet trop facilement que c’est unfléau nécessaire, et que le seul devoir de l’autorité est d’enrégler pour ainsi dire l’exercice. On la montre comme ré-gnant sur toute la surface du globe,à l’ombre d’une toléranceuniverselle. Lutter contre elle semble une entreprise pleinede dangers; on aime mieux lui donner une organisationsavante, la cantonner, faire des sacrifices réguliers à ce mi-nolaure. Ce système, que l’on croit inattaquable, est précisé-ment celui qui prêterait le plus à une discussion. Il n’est pasvrai d’abord que la prostitution soit partout tolérée et auto-risée; elle ne l’est pas dans les pays musulmans ni dansplusieurs villes de la Suisse, où aucun inconvénient ne
1 De la prostitution dans la ville de Paris^ par M. Parcnt-Dueliâtelet.