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ÉTUDES SUR LES RÉFORMATEURS.
rées de la police remplacer des maisons assujetties à unesurveillance assidue. Quant au jeu, l’expérience a prouvéque cette appréhension est chimérique : pourquoi n’en se-rait-il pas de même pour la prostitution? D’ailleurs, c’est làun risque que l’on peut courir en tout état de cause : quandle vice aurait moins de sécurité, la morale n’y perdrait rien.
Si de la région du vice on passe dans celle du crime, ony rencontre cette lie sociale, déshonneur de la civilisation etfléau des grandes villes *. Au premier rang figure la sérieinnombrable des escrocs et des filous, déprédateurs redou-tables et tacticiens consommés ; puis vient la classe qui nese fie pas seulement à l'adresse pour la perpétration du vol,et qui va jusqu’à l’effusion du sang. Les forçats et les réclu-sionnaircs libérés sont presque toujours les auteurs de cesmeurtres qui ne s’exécutent pas isolément, mais en partici-pation, pour ainsi dire. Chaque bande a un chef, des éclai-reurs, des recéleurs, enfin toute une organisation mysté-rieuse et une hiérarchie régulière. Le partage du butin sefait avec une conscience qui étonne de la part de pareillesgens. Des cafés, des magasins de vins, des cabarets, connusde la police et objets d’une surveillance particulière, sontdes points où ces malfaiteurs se donnent rendez-vous pourpréparer leurs attentats. Un vol est considéré comme unealfaire que l’on propose, que l’on négocie, et dans laquelleune prime est réservée à celui qui en fournit l’idée et leplan. Une fois en campagne, la bande prend'des disposi-tions pour déjouer les embûches qu’on pourrait lui tendreet se mettre à l’abri des surprises. Chacun a un poste assi-gné, une fonction, une consigne, et en cas d’alerte, latroupe entière se réunit pour opposer plus de résistance ou
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1 Des classes dangereuses de la société. [iar M. 1*régler.