30
ÉTUDES SUR LES RÉFORMATEURS.
de la surveillance, et comme tels ils peuvent èlre exilés desrésidences où ils deviennent trop dangereux. Peut-être se-rait-il convenable aussi d’emprunter à la police de Londresquelques détails d’organisation d’une efficacité éprouvée.Les combinaisons y sont en général prises dans le sens pré-ventif; on y voit l’intention arrêtée d’apporter des obstaclesaux délits et aux crimes. Il est vrai que, chez nos voisins,ce service est établi sur la plus grande échelle, et qu’il em-ploi un personnel imposant; mais, pour tout ce qui loucheà la sécurité et à la moralité publiques, il faut savoir se dé-fendre de mesures incomplètes et d’économies mal enten-dues. Nul argent ne saurait être mieux placé que celui-là,et ce que l’on ajoute à la surveillance est autant d’épargneau budget des prisons et aux allocations pénitentiaires.
C’est vers ce dernier point que l’on doit surtout appelerl’esprit de réforme. Depuis que le régime des bagnes et desmaisons de détention a été amélioré, ce séjour n’inspireplus au malfaiteur ni répugnance, ni crainte. L’emprison-sement a perdu tout caractère d’intimidation : on le consi-dère comme une balte dans le crime. Dans cette enceinteoù fermentent tant d’immoralités, s’ourdissent des com-plots qui éclateront à l’expiration de la peine. On y aiguisele poignard qui accomplira un nouveau meurtre, on y tientécole des moyens d’effraction et d’escalade qui accompagne-ront les attentats contre les propriétés et contre les per-sonnes. Là se forment ces bandes qui deviennent si redou-tables au dehors, ces associations qui constituent une sortede compagnonnage pour l’assassinat et le vol. Isolées, cesnatures seraient dangereuses, et l’on ne craint pas de dou-bler, en les mettant en contact, leur puissance pour le mal.Ces êtres dépravés ressemblaient à des tirailleurs épars : enles renfermant ensemble, ou en fait une armée compacte et