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Études sur les réformateurs ou socialistes modernes : Saint-Simon,-Charles Fourier,-Robert Owen / par Louis Reybaud
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LA SOCIÉTÉ ET LE SOCIALISME.

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est, mêlée de mauvais et de bon, sappuyant sur le passé enregardant vers lavenir. Quant aux écoles et aux églises nou-velles, il suffisait de les laisser aux prises entre elles pourles voir séteindre dans le clioc des rivalités et les défaillan-ces de lisolement.

Le socialisme avoué est donc fini ou bien près de finir.Toutefois, avant de disparaître, il semble vouloir laisserune dernière empreinte dans le monde scientifique et litté-raire. Bien des travaux se ressentent de cette préoccupa-tion, et obéissent à cet esprit. Lhistoire, léconomie poli-tique et industrielle, lesthétique, la médecine même, enont été atteintes, non pas, si lon veut, dans les grandesécoles, mais par lapparition de dissidents nombreux et ré-solus. Une hardiesse en amène toujours dautres. Il seraittrop long de récapituler ici ce qui a été fait sous lempire decette disposition : quil suffise de signaler trois catégoriesdécrivains qui, plus ouvertement que les autres, ont sacrifiéaux chimères et aux déclamations du socialisme. La pre-mière comprend les statisticiens que la passion des chiffreségare; la seconde, les aventuriers de la pensée, rhéteursvaniteux ou philosophes empiriques; la troisième, certainsromanciers, toujours prêts à abuser de la couleur. De cestrois classes, la moins excusable est, sans contredit, celledes statisticiens. Personne na attaqué la société avec plusde violence queux, ni intenté à la civilisation, au nom dechiffres fort équivoques, un procès plus opiniâtre et plusbrutal. Si la statistique ne sait pas mieux se contenir, ellese fera, auprès des esprits sérieux, un tort irréparable. Cestune science qui renferme des calculs et des arguments pourtoutes les causes, fussent-elles diamétralement opposées.Les chiffres sont complaisants, ils se prêtent aux désirs se-erets-de lobservateur et à la fortune des livres. On se pro-