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Études sur les réformateurs ou socialistes modernes : Saint-Simon,-Charles Fourier,-Robert Owen / par Louis Reybaud
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SI ÉTUDES sua LES RÉFORM VTEUR3.

pouvoir sc fixer à aucune. Jouets d’une vanité maladive, ceshommes n’avaient, ni assez de puissance pour professer l’er-reur, ni assez de bon sens pour servir la vérité. Avec plusd’orgueil que de facultés, plus d’audace que de lumières, ilsétaient condamnés à sc vêtir des lambeaux de vingt systèmesdisparates, et à s’agiter, sans jamais conclure, dans un cercled’hallucinations. Les socialistes de première main, et lesécoles qui en sont issues, ont eu du moins le sentimentd’une théorie complète, et l’ont développée avec une vigueurpeu commune. Même en les combattant, on doit rendrejustice aux qualités qui les distinguent. Chez les nouveauxsocialistes, rien de pareil : les prétentions ont grandi, l’in-telligence a disparu. L’emphase remplace l'inspiration, lamédiocrité perce sous les airs de prophète. Les uns nuisentà la cause qu’ils veulent servir, en substituant au langagede la raison les égarements de la colère et en distillant surles hommes plus de fiel que n’en devraient contenir descœurs élevés. D’autres empruntent aux sectes et aux théo-ries sociales des combinaisons qu’ils travestissent, en y ajou-tant des rêveries désormais vouées à un ridicule ineffaçable.Pour tromper les âmes crédules, ces esprits fourvoyés pous-sent des découvertes dans tous les sens, tantôt vers le mys-ticisme, tantôt sur le terrain économique, heureux d’échapperainsi à leurs incertitudes et de couvrir d’un vernis d’érudi-tion les fluctuations et l’indigence de leur pensée.

C’est surtout dans cet état nouveau que le socialisme estdevenu dangereux. Les véritables inventeurs, avec la foi quiles anime, appellent la discussion et ne font pas consisterleur talent à la fuir. Ils confessent hardiment, clairement,leurs doctrines, et apportent dans le débat une sincérité quiles honore. Il n’en est pas de même des socialistes que nousavons eu vue : ils aiment à s’escrimer dans l’ombre, et, quand