LA SOCIÉTÉ ET LE SOCIALISME.
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on lcspresse trop vivement, ilss’enveloppenldeleurs nuages.Leurs adeptes mêmes ne réussissent pas à les tirer de ce si-lence prudent, lorsque leur impatience les somme enfin deformuler ce qu'ils sont, ce qu’ils veulent. Que prétendent-ils donc? Réformer la société? Mais quelle est alors cellequ'ils espèrent mettre à la place? En prendraient-ils les élé-ments dans la sphère des médiocrités jalouses, des vanitésimplacables, des ambitions déréglées, des prétentions sanslimites? A la surface de toute civilisation flottent des illu-sions juvéniles et des éblouissements do l'orgueil que l’onprend volontiers pour de la force : est-ce sur ces types excep-tionnels que l’on se propose de modeler l’établissement hu-main? On aura alors un monde de docteurs indisciplinés etde sophistes intraitables. Livrer le gouvernement à desesprits qui ne savent pas se gouverner eux-mêmes, c’est unegrave responsabilité et une entreprise pleine de périls. Lasingulière réforme que celle qui mettrait le vertige en hautde la hiérarchie et donnerait aux populations, comme inspi-rateurs et comme guides, des hommes ivres de leurs mé-rites et livrés à tous les écarts de l’amour-propre !
Dans la voie des invectives, les romanciers qui ont suivile mouvement socialiste n’ont pas moins d’emportement etd’opiniâtreté. C’est là un singulier spectacle. Voici unenation qui se meut dans la sphère de ses droits et de sesdevoirs, une nation affairée et attentive à ses intérêts, unenation passionnée et qui n’est étrangère à aucune nobleinspiration. Cette nation pense et agit, fonctionne et tra-vaille, obéit aux faits sans négliger les idées; elle assiste àson propre développement, se rend compte de sa vie; ellea un sentiment complet de ce que sont chez elle, de ce quevalent les lois, les mœurs, les usages, les relations defamille; elle n’ignore ni les abus ni les inconvénients de ce