DES IDÉES ET DES SECTES COMMUNISTES. G9
criminels moins endurcis. Le fer est plus honoré ; on ne ledégrade point dans des emplois domestiques ou péniten-tiaires. Quant au gouvernement, il est des plus simples.Tout y relève d’un système d’élection à plusieurs degrés ,même le roi, premier magistrat de l’ile. Chaque famille aun chef qui concourt au choix d’un supérieur pour trentefamilles, et ces supérieurs nomment à leur tour les grandsdignitaires. La hiérarchie se forme ainsi, du membre de lacommunauté jusqu’au souverain , par une suite de cerclessuccessifs, peu à peu amoindris et aboutissant au centre,c’est-à-dire à l’unité. Le principe mobile de l’élection estune garantie contre l’usurpation et la dictature. Les cadresdu pouvoir sont seuls permanents ; les titulaires sont renou-velés chaque année. Ainsi se passent les choses dans cetteespèce d’Atlantide qu’un esprit docte et grave, un chance-lier d’Angleterre, a reconstruite d’après Théopompe etPlaton. Pour mieux constater cette filiation il y a maintenules esclaves ; pour innover il y a ajouté les galériens. Toutest pour le mieux dans la meilleure des îles.
Un siècle plus tard, le dominicain Campanella reproduitla même chimère. Né à Stilo, en Calabre, Campanella, s’ilfaut en croire l’historien Pietro Giannone , chercha à sou-lever le pays contre la domination espagnole. Jeté dans lesprisons de Naples et mis sept fois à la torture, il ne dé-mentit pas son caractère : les bourreaux du comte de Lemosne purent lui arracher le moindre aveu. A l’exemple de plu-sieurs enthousiastes qui ont fait secte et se sont continuésjusqu a nous, le moine de Stilo décernait au pontife ducatholicisme une autorité universelle, tant sur le temporelque sur le spirituel. Comme Guillaume Postcl, dans sonOrbis concordia comme Isidore Isolanis, comme Fialin ,comme Bonjour, il rêvait l’établissement de la république