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ÉTUDES SUE LES RÉFORMAI EUES*
du Christ, ou, suivant sa propre expression, de la monar-chie du Messie. La Cité du Soleil renferme l’idéal de cerégime. Campanelia procède dans sa fiction comme Morus.C’est un capitaine de vaisseau génois qui, dans le coursd’excursions lointaines, a découvert l’ile de Topobrane et laCité du Soleil ; il raconte ce qu’il a vu au grand-maître del’ordre des hospitaliers. Les Solariens sont les plus heureuxdes hommes : ils ont pour chef un grand métaphysicien ,qui gouverne au moyen de ses trois ministres, Puissance,Sagesse, Amour. Puissance a la guerre dans ses attributions ;Sagesse, les arts, les lettres et les sciences ; Amour, la viephysique et les théories de la génération. A chaque vertusont affectées des magistratures qui y correspondent: quantaux vices, on n’a rien prévu; à peine quelques fautesvénielles sont-elles punies par l’exclusion du repas en com-mun ou par l’interdiction du commerce des femmes. L’édu-cation est la même pour tous les Solariens, et l’ordre desmérites détermine la hiérarchie des pouvoirs. Le grandmétaphysicien est la première capacité du pays : Campaneliasemble avoir pressenti le saint-simonisme. Du reste, toutest commun dans la Cité du Soleil, logements, lits et dor-toirs. Tous les six mois, les magistrats désignent ceux quidoivent habiter dans telle ou telle enceinte, coucher danstelle ou telle chambre. Le travail est commun aussi ; seule-ment les magistrats en font la distribution, soit entre lessexes, soit entre les individus, de manière à ménager lesforces et à concilier les aptitudes. La sollicitude de Cam-panella se porte principalement sur l’union des couples; ilen parle en moine exempt de préjugés. Son grand méta-physicien n’abandonne pas le croissement des races à la loidu hasard, aux vicissitudes du caprice ou de l’intérêt. L’in-dividu, chez les Solariens, est sacrifié à l'espètè ;’des fonc-