DES IDÉES ET DES SECTES COMMUNISTES. 7t
tionnaires publics se chargent, dans un autre ordre d'amé-liorations , d’y représenter nos inspecteurs-généraux desharas. Le choix des âges, des tempéraments, des époquesfavorables, des heures propices, devient l’objet d’étudesminutieuses cl de détails que le latin seul tolère. Pourobtenir des sujets de choix, les Solariens ne reculent pasmôme devant la promiscuité ; Campanelia les excuse avecl’autorité de Socrate, de Caton, de saint Clément, de saintAugustin. Comme Morus, le moine de la Calabre ne veutpas que l’argent monnayé ait cours dans sa ville imaginaire ;il admet seulement qu’il puisse servir aux échanges avecl’étranger. Les champs qui entourent la Cité du Soleil nesont pas fécondés au moyen de matières en décomposition ;les habitants ont d’autres engrais plus actifs, plus sains, etqui ne communiquent pas à la végétation des miasmes pes-tilentiels. Pour ce travail, ils tirent un grand parti de l’ob-servation sidérale ; les cieux, à leur sens, sont un livre oùse trouve écrite la solution de tous les problèmes. Aussi l’as-trologie occupe-t-elle une place étendue dans l’œuvre dudominicain.
On peut entrevoir déjà comment, dans ces créations chi-mériques, le plagiat, même dès l’origine, prévaut et s’éta-blit. La fiction de Platon, prise comme point de départ, serétléchit dans celle de Morus, et Morus, à son tour, déteintpour ainsi dire sur Campanelia l . Les analogies sont d’au-tant plus saillantes, que la scène se passe hors de la régiondes réalités. Ce caractère se retrouve dans une série de com-positions identiques, sur lesquelles il est sans intérêt des’appesantir. Dans le nombre figure YOoeana d’Harrington,
1 I ÀVtopie de Th. Morus est de HH8; la Cité du Soleil de Campa-nella est de 1837.